Ca va bien?

Ca va bien, tel le refrain d'un tube chanté avec entrain.
Ca va bien, dès le matin, vite il faut se serrer la main.
Ca va bien... Tu vas pas bien ? Ben on en reparle demain !
Ca va bien, je le crois bien, mais est-ce que j'en suis si certain?
Ca va bien, dans mon train-train, c'est si vite dit, mais dit en vain!
Ca va bien ? Et pourquoi hein ?! Suis-je aussi vide qu'un pantin ?!
Ca va bien ? Allez ! Demain, j'essayerai d'y croire au moins…
Ça va bien ? Ça y est, enfin ! Je le ressens, et c'est pas rien.

La panne

La panne !? Je me suis fait moi-même le coup de la panne !
J'ai déballé ma panoplie d'excuses mécaniques « paniquées » :
Panne de déconfiné, panne de débordé, panne d'idées, …
Panacée qu'une pensée me passe face à ma paralysie de la patte,
Ou opiacé panneautant les pans entiers d'un mur handicapant.
Mais pas né d'hier, j'ai opté plutôt pour la trépanation du patient,
Car il n'est pas nouveau que la procrastination soit mon apanage.
Or, cet épanouissement scriptural que, planant, je palpais à peine,
N'a pas sa part dans la pavane peinarde à laquelle je m'appelle.
La vraie panne dans tout ce panorama, c'est la panne de la peur :
Peur de la nue page, de ne pas réussir, de n'être pas né pour ça, …
Aux moutons de Panurge l'appât de la pause un panatella au bec !
En paix, j'empanne pour mettre cap au nord le Ponant m'aidant.
Je n'approcherai même pas les parages du panel des panthéonisés,
Mais la bonne part que j'ai empoigné en celui qui panifie ex nihilo
M'accompagne pas à pas loin de cette panne qui n'en est pas une.

La quête

Partir,
Parcourir des kilomètres pour se retrouver
Faire de nouvelles rencontres pour mieux se connaître
Mettre en mouvement le monde pour y découvrir sa place
Lutter contre les limites de l'espace et du temps pour définir ses propres frontières
Ça marche ?
Et s’il fallait,
Se laisser flotter dans les minutes et l'atmosphère pour y deviner les contours de notre être
S'immobiliser pour mieux réaliser notre empreinte sur le monde
S'isoler pour enfin entendre notre âme nous parler d’elle
S'arrêter pour que notre esprit puisse nous rattraper
Et s’il fallait,
Rester.

L’autre virus

Aujourd'hui j'aimerais, plus que jamais, vous dire
Quelques mots assemblés en sonnet d'amateur,
Afin de réchauffer, je l'espère, ce cœur
Dans un si bel écrin, qu'on se doit de chérir.
En ce moment on parle, et à n'en plus finir,
D'un virus contagieux partout semant la peur,
Mais par chez moi j'entends une note de bonheur,
Qui parle d'un virus, d'amour et de plaisir.
Celui-ci bien plus vite, çà et là contamine
Les gens qui, même s'ils font une triste mine,
Accepte pour un temps de se laisser bénir
Par les mots doux choisis d'un bon admirateur,
Tel que moi qui essaie, et du fond de mon cœur,
"Je vous aime" dans mon style ici de vous écrire.

J’ai écrit ce petit poème à l’attention d’une dame âgée que je ne connais pas, ce qui a été rendu possible par la plateforme solidaire 1lettre1sourire.org.
Il m’a été inspiré par le slogan de cette initiative visant à apporter un peu de joie à nos ainés isolés et derrière laquelle se cachent 10 jeunes cousins motivés et solidaires, âgées de 14 à 24 ans. Grâce eux, mes petits mots pourront, je l’espère, toucher le cœur d’une ou plusieurs personnes qui n’ont sûrement jamais eu autant besoin d’amour.

You failed

You failed,

Leaders, you failed to address the grief and need, unchanged in time and across borders.
People, you failed to choose for yourself indeed, which is the prime of all your powers.

Religions, you failed in your self-assigned mission to duplicate the divine into the human.  
Atheism, you failed in your vain revolution to annihilate the true shrine enslaving the mind.

Capitalists, you failed to offer a better paradigm as soon as you deliberately stopped listening to the demand. 
Communists, you failed to fulfill a greater dream as soon as you desperately started raising a cold nightmare. 

Elders, you failed to be the searchlight on youth’s future, though you sacrificed your glittering innocence for the benefit of wise experience, we are still toddling in the dark.
Youth, you failed to be the lighthouse of elders’ past, to them you’re an artifice of alienating reminiscences, lousy drumbeats and weird dances, though still not igniting the spark.

… , you all failed …

… , we all failed.