L’avion

A des milliers de mètres du sol, lancé à près de mille kilomètres/heure, on pourrait croire que je suis dans une fusée en partance pour Mars. Pourtant je suis seulement à deux milles kilomètres de chez moi.

Ici, dans cet avion, le temps d’un vol, j’ai la sensation d’être placé dans un environnement neutre d’où je peux prendre tout le recul nécessaire pour faire le point sur ma vie.

C’est assez étrange comme processus, on pourrait parler d’une extro-spection pendant laquelle, à la différence d’une introspection, il ne s’agit pas de se questionner sur soi-même et ce qui se passe à l’intérieur mais sur l’extérieur en fait, et sur tout ce qui se passe dans cette immensité, avec nous au milieu, suspendu dans les airs juste pour quelques heures.

Voir qu’on est bien peu de choses vu du ciel et, de manière plus abstraite, ressentir la vanité de notre monde et de soi-même, à l’occasion d’une interruption forcée et loin d’être triviale dans notre rythme de vie effréné.

Comme si, bien plus qu’un avion, on était finalement dans une capsule spatio-temporelle permettant non pas de voyager dans le temps ou même l’espace, mais plutôt d’en sortir, de ce temps et de cet espace, pour un instant de réflexion ou simplement de contemplation.

The airplane

Thousands of meters above the ground, propelled at nearly a thousand kilometers per hour, you could think I am in a rocket bound for Mars. Yet I am only two miles away from home.

Here, in this plane, throughout the flight, I feel like I have been left in a neutral environment from where I can get all the perspective I need to take stock of my life.

It’s quite a strange process, it could possibly be called an extro-spection in which, differently from an introspection, it is not about pondering on your own self and about what is happening inside but, in fact, about the outside, and everything going on in this vastness, with you in the middle, floating in the air just for a few hours.

Realizing that from the sky we look so very fragile, and more abstractly, sensing the vanity of your world and of yourself, on the occasion of this interruption, forcing itself in your frantic pace and far from being trivial.

As if, much more than an airplane, this was actually a spatiotemporal capsule, not made for any time travel or even space ones, but rather for a way out of them, this time and this space, just for a moment of reflection or mere contemplation.